Prologue

Au plus profond de la forêt de Meliamne, le petit village des elfes se laisse bercer par le doux rythme de leurs chants.
Nombre d'aventuriers ont perdu la vie dans le seul espoir d'entendre un jour ces chants qui, à ce que l'on dit, auraient un pouvoir mystérieux sur les hommes.
Ces elfes selon les légendes, seraient le peuple Nailo, qui signifie de la nuit en langage elfique.

Près des arbres fruitiers, de jeunes elfes s'amusent. Ils chantent, ils dansent ou encore jouent de la harpe. Les plus jeunes jouent à l'escrime avec des bouts de bois taillés.
Mais un peu plus loin, passé la frontière d'arbres serrés qui protègent le village, deux jeunes errent dans la forêt.

- Comment est-ce qu'on en est arrivé la ? demanda celui qui semblait être le plus âgé des deux.
- Euh... Je n'en sais rien moi, j'ai simplement mis ma main sur la frontière et on est passé tous les deux de l'autre côté... lui répondit le plus jeune.
- Mais non, tant qu'à être ici on peut explorer les environs, ça pourrait être amusant !!
- Oui, ça pourrait être amusant, mais père nous a bien dit de ne pas sortir du village, nous ne sommes pas encore assez expérimentés pour affronter ce qui pourrait se trouver dans cette forêt.

Le plus jeune fit la moue :

- Tout ce qu'on risque de trouver sont des bêtes et quelques humains...
- Thamior, les humains ne sont pas gentils à l'égard des elfes, et je ne pourrais pas supporter qu'il arrive quelque chose à mon petit frère, père le supporterais encore moins. Alors s'il te plaît, prends ma main, nous rentrons.

Thamior passa alors devant sans même un regard pour son plus grand frère. Arrivé à la frontière, deux gardes se précipitèrent vers eux.

- Prince Tharivor !! Que faites-vous vous et votre à l'extérieur de la frontière ? Venez vite, nous vous ramenons au roi.

Le plus âgé pris un air désolé et suivit le garde.
Le plus jeune murmura pour lui-même :

- C'est bon ne vous en faîtes pas pour moi surtout... je vais bien...

[Approfondir la colère ??]

Arrivé au grand arbre du roi, les gardes laissèrent les deux princes entre les mains du roi qui était fou de rage :

- Mais qu'est-ce qui vous a pris de passer la frontière ? Que serait-il arrivé si vous étiez tombé sur des brigands ? Tharivor tu ne comprends donc pas ton rôle de futur roi ? Combien de fois devrai-je te rappeler l'importance de ta vie pour ce peuple ?
- Ça va père... je voulais simplement m'amuser un peu avec Thamior, et puis, que serait-il arrivé s'il avait passé la frontière seul ? Aurait-il eu la sagesse de revenir directement ici ? Il se serait probablement fait attaquer par les brigands dont vous parlez. Je ne pouvais permettre cela.

Le roi soupira et passa sa main dans ses longs cheveux d'argent :

- Ton amour pour ton frère te perdra un jour Tharivor...

Thamior s'avança vers son père :

- Je n'ai pas besoin de protection, ni de vous, ni de Tharivor, un jour vous verrez bien que je serai encore plus fort que vous !

Sur ces mots, il quitta la salle.

***

Les années passèrent et le caractère de Thamior ne s'améliora pas. Sa soif de puissance grandissait de jour en jour. Il devint plus farouche, plus têtu et plus désobéissant. Tharivor, qui nourrissait un amour inconditionnel envers son frère essayait du mieux qu'il pouvait de le protéger face aux réprimandes de son père.
Mais il n'avait pas idée à quel point Thamior les détestaient tous.
Il détestait son père qui n'avait jamais vu qu'il ferait un meilleur roi que son frère même s'il était le cadet. Il détestait son frère qui allait devenir roi. Il détestait les gardes qui ne le laissent pas faire ses preuves, mais par-dessus tout, il détestait sa mère qui n'avait pas su lui donner naissance avant son frère.

Il se plongea dans le plus profond des études du savoir magique des elfes, poussant l'audace jusqu'à pratiquer la magie noire. Le jour où le roi se rendit compte de ses pratiques, il essaya tant bien que mal de le raisonner, ce qui ne conduit qu'à l'exil de son jeune fils. Un bien triste jour pour le village des elfes de la nuit.
Car cette nuit la, le grand arbre de la famille royale brûla. La seule personne à s'en sortir vivante fût Tharivor, l'héritier. Ils avaient tous périt dans les flammes magiques du frère cadet. Désormais, son nom était associé au malheur, une malédiction. On ne l'appelait plus que le frère cadet.

***

Quelque part dans le fin fond d'une forêt lointaine. Il ruminait ses idées noires, il ne mangeait plus, il ne dormait plus, il se laissa dépérir jusqu'à l'épuisement total, et plus personne d'entendit plus jamais parler de lui.

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# Posté le mardi 15 juillet 2008 17:24

Modifié le mercredi 15 octobre 2008 22:16

Chapitre 1 (partie 1)

Le soleil se couche tranquillement sur le sommet des arbres de la forêt de Meliamne. Dans une petite cabane en bois rond près du chemin qui mène au village, quelques personnes commencent à s'éveiller.

- Tu parles d'un mode de vie, de se lever au coucher du soleil...
- On ne t'oblige pas à te lever tu sais Flint ? Dit un jeune homme, le sourire aux lèvres.
- Ah tais-toi donc et passe moi le pain que je me mette quelque chose dans l'estomac... Il n'y a rien d'autre que des fruits et du fromage dans cette cabane ?

À ce moment, une jeune fille entre dans la cabane, les bras chargés d'un lourd panier de fruits frais cueillis :
- Tiens ! Le soleil n'est même pas encore couché que tu râles déjà Flint ?

Le nain jette un coup d'½il au contenu du panier de la demi elfe et fait une grimace :
- Berk, encore des fruits... ah vous les elfes...

- Bon allez ne recommencez pas vous deux, dit le jeune homme qui se leva de sa chaise pour aller à la fenêtre, regarder le soleil terminer sa course derrière les arbres, Tu as mis du temps Aïdelle, tu as eu des ennuis ?

Elle soupire :
- Mais non Aramil, arrête donc de t'en faire pour moi, tu sais, je suis une femme maintenant !
- Voyons Delle, c'est ton frère, il s'en fera toujours pour toi. Intervint le nain.
- Oui et bien il a de la chance que je l'adore mon grand frère, sinon je lui aurait botté les fesses depuis longtemps !!

Elle lui fit un clin d'½il et alla placer les fruits dans le garde manger.
Aramil les observait tous les deux.

Sa petite s½ur était de quinze ans sa cadette. Elle avait quitté avec lui le pays des elfes Naïlo lorsqu'il ne s'y sentit plus à sa place. Elle était alors âgée de 5 ans. Depuis elle avait grandit en beauté et en sagesse, blonde comme le soleil, les yeux verts comme la forêt, elle avait l'air d'un ange. Il avait essayé de lui apprendre tout ce qu'il savait, mais elle avait surtout fait son chemin elle-même, élevée par la nature elle-même.

Quand à son meilleur ami, Flint, ils se connaissaient depuis plus d'une décennie. Leur amitié était solide comme le plus dur des rocs. Le nain était un peu grincheux et parfois bougon, mais il avait bon c½ur. Élevé dans un clan amoureux du feu, il avait hérité d'une chevelure rousse et d'une barbe impressionnante de la même couleur. Petit mais costaud, il ne donnait pas sa place au combat. Il avait juré de protéger Aramil contre tous les dangers, et ne le lâchait plus depuis.

Le demi elfe se trouvait bien chanceux d'avoir ces deux êtres chers à ses côtés.

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# Posté le samedi 19 juillet 2008 17:18

Modifié le mercredi 15 octobre 2008 22:15

Chapitre 1 (partie 2)

Ressortie du garde manger, Aïdelle pris ses deux petites épées sur la table, les mit chacune dans leur fourreau respectifs de chaque côté de sa ceinture et attrapa sa cape bleue nuit qui traînait sur une chaise près de celle de son frère.

Tout en l'attachant :
- J'y vais, est-ce que tu viens cette nuit Mil ?
Aramil répondit :
- Je n'en sais rien... Flint est-ce que tu veux y aller ?
Le guerrier prit sa hache et son casque marqué du sceau de son clan et répondit fièrement :
- Ou tu vas j'irai Aramil ! Jusqu'au bout du monde !!
- D'accord, alors passe moi ma cape et allons y, ça nous fera bouger.

Flint tendit la grande cape blanche au demi elfe qui la jeta sur ses épaules et l'attacha à l'aide de l'agrafe en forme de feuille d'argent et de saphir, symbole de son peuple natal.

Ils sortirent tous les trois de la cabane en bois et se dirigèrent vers l'arrière de l'habitation ou les attendaient deux magnifiques bêtes.
Un grand cheval blanc à la crinière blonde et aux yeux bleus perçant attendait Aramil.
À ses côtés, un petit poney costaud et couleur terre attendait Flint.

Les deux hommes montèrent sur leur monture. Aïdelle leur dit :
- Allez devant je vous rejoindrai.

Le demi elfe lui fit un signe de tête et talonna son cheval suivit du poney de Flint. Celui-ci se plaignait déjà :
- On ne pourrait pas y aller à pied parfois ? Les nains de sont pas faits pour monter des bêtes ! Nous les nains...

Lorsque les deux compagnons furent hors de vue, Aïdelle siffla une douce et étrange mélodie. Les quelques secondes que dura cette mélodie semblèrent durer des heures pour les bêtes environnantes, sauf pour un énorme et magnifique loup couleur de neige et de cuivre qui sortit de derrière un arbre avec un bout de lièvre à la bouche.

Il s'avança tranquillement vers la demi elfe qui lui dit :
- Alors tu as bien chassé Liadon ?

L'animal s'approcha encore un peu plus d'elle et sembla presque sourire.
Elle lui caressa tendrement la tête :
- Tu m'as manqué aussi Surion*, allons-y

Aïdelle grimpa sur le dos de son grand loup, et il se mit à courir, courant habilement entre les pierres et les arbres. Elle adorait ces promenades sur le dos de son compagnon, c'était comme si elle volait à travers la forêt.

Approchant la lisière de la forêt, les sons du village commencèrent à se faire entendre. Arrivée au village, elle ralentit l'allure et se dirigea vers la taverne. Les marchands rangeaient leurs marchandises, les mères envoyaient les plus jeunes au lit, et les pères se rendaient à la taverne pour décompresser d'une journée de labeur.

*Surion : Surnom affectif elfique donné à un être très cher.

Malgré l'activité qui régnait, personne ne semblait faire attention à la jeune demi elfe. Personne ne remarquait qu'une femme se promenait sur le dos d'un loup. Aïdelle avait passé sa capuche noire par-dessus sa tête et se fondait dans la nuit.
Elle descendit à terre et entra dans la taverne encore bien vivante malgré la lune bien haute dans le ciel.
La salle était immense. Il y avait deux étages. Au premier se tenaient dans un coin les guerriers barbares, il n'était d'ailleurs pas rare de voir quelques bagarres y exploser durant la soirée. Dans un autre coin se tenaient les apprentis magiciens. Éparpillés un peu partout, les paysans, les travailleurs et les bardes, chantant pour qui voulait bien les entendre.
Au deuxième étage se réunissaient les soldats et les gardes du village qui prenait une chope après une longue journée de patrouille. Il y avait aussi quelques nobles du château qui discutaient des affaires de la cour.

Au bar, Aïdelle pu reconnaître son frère accompagné de Flint qui commandait des pichets d'hydromel. Elle se glissa alors derrière eux. Aramil sursautât et Flint échappa sa chope de bière :
- Pourquoi tu fais toujours ça ? J'en ai la barbe qui frissonne... grincha le nain.
- Tu crois vraiment que tant d'hydromel c'est raisonnable ? demanda-t-elle à son frère.

Le demi elfe lui sourit :
- Ne t'en fais pas Suria*, tout est pour Flint.

Ce dernier regardait avidement les pichets que la serveuse apportait et dit avec un sourire joyeux :
- Ouais ! Tout est pour Flint !!

La serveuse eut à peine le temps de les déposer que le nain entreprit soigneusement de vider le premier pichet.
- Ah ! Faut dire que ça fait du bien ou ça passe !!

Le loup se glissa subtilement entre Aramil et Flint et se lécha les babines en regardant le deuxième pichet. Flint s'adressa à lui :
- Si tu penses avoir une chance d'y toucher, tu rêves mon grand.

Aramil dit à sa s½ur :
- Aïdelle, pour la centième fois, pourquoi t'obstines-tu à le traîner partout ?

Celle-ci alla lui répondre lorsque la porte de la taverne s'ouvrit brusquement pour laisser passer un vieil homme.
Ses vêtements, qui devaient avoir autrefois été de beaux habits, étaient en lambeaux, sa queue de cheval grise était sans défaite sans doute par un long voyage ardu. Ses bottes avaient grand besoin d'être changées et son sac à dos était troué par endroits.

Les yeux du vieil homme cherchèrent quelques instants dans la salle et tombèrent sur Aramil. Il sembla alors profondément soulagé. Il se jeta à ses pieds et dit en souriant :
- Cherche le fier paladin à la cape d'ange, la chevelure d'or et aux yeux d'émeraudes qu'il avait dit !! Trouve le qu'il avait dit !! Et vous voici !! Paladin, j'ai parcouru la moitié de l'Amandil pour vous trouver, j'ai fait tout ce chemin pour avoir l'honneur de vous baiser la main !!

Aramil paraissait songeur :
- Allons, relève toi vieil homme...


* Surion : Surnom elfique que l'on donne parfois à une personne très cher. Suria au féminin


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# Posté le mardi 22 juillet 2008 20:25

Modifié le mercredi 15 octobre 2008 22:18

Chapitre 2 (Partie 1)

Le feu brûlant dans la cheminée de la cabane en bois réchauffait doucement le vieil homme endolori. Celui-ci tenait la tasse de thé préparée par Aidelle près de lui en fixant le feu.

Aramil le pressa un peu :
- Allez vieillard, racontes-nous ton histoire.

Celui-ci prit une gorgée de thé brûlant et se tourna vers les trois compagnons :
- Pour commencer, je me nomme Robin. Je viens du village autrefois paisible qu'on appelle Islandil. Ce fut dans le passé un village prospère ou il faisait bon vivre. Les enfants jouaient dans les rues, les marchands étaient enthousiastes et il régnait toujours, grâce à nos femmes, une odeur de cuisine. Le seigneur était bon et les taxes n'étaient pas hautes.

Il marqua une pause, prit une gorgée de thé, et continua son récit à voix basse, les mains tremblantes.
- Je pourrais être tué s'il savait que je suis venu vous voir...

Aramil fronça les sourcils :
- Qui pourrait vous tuer ?

Le vieil homme parut plus apeuré que jamais :
- Le nouveau seigneur... Il s'agit d'un mage noir très puissant. À chaque semaine, il prend un villageois avec lui. Il l'enlève pour faire ses expériences noires dans son château. Il a barricadé les frontières du village et ne laisse plus sortir les villageois. Quand quelqu'un l'ennuie, ou s'oppose à lui, il l'élimine !! Homme, femme, enfant... il est sans pitié !!
- Calmes-toi. Tu dis qu'il élimine ceux qui essaient de passer la frontière, alors comment as-tu réussi à te rendre jusqu'ici ?
- Je me débrouille assez bien en diversion, alors c'est ce que j'ai fait. Pendant que les gardes étaient occupés, je me suis faufilé par la porte principale et j'ai couru aussi vite et aussi longtemps que j'ai pu. J'ai fini par m'effondrer dans une clairière. Quand je me suis réveillé, les seules paroles que j'ai entendues étaient : « Cherche le paladin à la cape d'ange, aux cheveux d'or et aux yeux d'émeraudes » J'ai ensuite replongé dans le sommeil. Lorsque je me suis réveillé de nouveau, j'avais des habits propres et un sac avec des provisions. J'ai ensuite marché jusqu'ici. J'ai passé douze lunes à vous chercher. Douze lunes et mes efforts sont enfin récompensés. Alors je vous le demande, Paladin. Pouvez-vous aider les villageois d'Islandil à se libérer du seigneur tyran qui les gouvernes ?
- J'y réfléchirai aujourd'hui, en attendant, profitez d'un bon sommeil dans la chambre que ma s½ur Aidelle vous a préparé.
- Vous allez dormir au lever du soleil Paladin ?
- Les elfes Nailo sont nocturnes, nous ne pouvons nous défaire des habitudes de nos ancêtres, répondit Aramil avec un sourire. Je vous souhaite un bon repos Robin.
- Bonne nuit Paladin, j'espère que votre réponse sera favorable.

Aidelle lui dit :
- Il s'agit d'innocents en péril, ne vous en faîtes pas, tantôt il sellera déjà son cheval.

Elle lui sourit et alla se coucher.
Le nain ajouta un bûche au feu dans la cheminé et alla à son tour rejoindre Morphée.

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# Posté le jeudi 13 novembre 2008 15:16